Jean-Claude Reynal

Dimanche 30 mars 2008
        
                                                               

 

Paulette Expert, professeur de dessin et gravure aux Beaux-Arts de Bordeaux, écrivait le 10 novembre 1961:
Je certifie que Monsieur Jean-Claude Reynal a été mon élève pendant les années scolaires 1958-59 et 1959-60 à l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux. Il a dessiné d'excellentes pages d' Etudes Documentaires et a réalisé quelques gravures à la Pointe Sèche, sur cuivre ou zinc dont les qualités de mise en page et de graphisme sont certaines

 

Tandis que le directeur de l'Ecole écrivait le 26 octobre 1962:
Jean-Claude Reynal s'est intéressé tout particulièrement à la gravure dans les ateliers de Melle Expert et de Mr Gauthier-Constant. La précision de son dessin et l'originalité de ses compositions font de Jean-Claude Reynal un graveur plein d'avenir.

 

Jean Lodge, graveur
J’ai connu Jean-Claude quand je suis allée travailler à l’Atelier 17, je crois en 1966 ; il était assistant d’Hayter. Je me souviens de son travail tout en blanc, impeccable.

Angelica Caporaso, graveur
J’ai travaillé la gravure à l’Atelier 17 à la même époque que Jean-Claude et j’ai pu apprécier son travail qui se développait d’une façon intéressante. Il était bon camarade et avec toujours bon caractère.

 

Pierre Courtin, graveur
J’ai connu Jean-Claude vers les années 1964-65. Il présentait bien et avait une éducation. C’était un graveur singulier, classique mais tout de même assez marqué par les évènements de 1968. Il professa à l’atelier de gravure du Musée des Arts Décoratifs en continuant d’exposer ses gravures au Salon de Mai. Il me présentait parfois des élèves. Comme graveur, à l'époque, son style apportait quelque chose par rapport à ce qui précédait, par rapport à Bill Hayter qui était l'école d'avant.
          
Photo-barbu.jpg

 













Ritchie:
A moment with Jean-Claude Reynal
http://www.seanet.com/~ritchie/prsafra.html


Catherine Bouroche, amie et collègue, sculpteur
Jean-Claude était raffiné, cultivé, original, pas routinier. Il remettait en question son travail, sa façon de vivre. Il était très sociable, allait vers les gens. Il était d'une grande honnêteté intellectuelle, au péril de sa vie. Pour ses expositions, Jean-Claude a démarré relativement vite et bien, a eu un écho rapidement, il vendait bien, il avait son public qui suivait avec intérêt ce qu'il faisait. Parallèlement, il y a eu un remaniement au musée des Arts décoratifs et on lui a proposé davantage de responsabilités. Mais il souhaitait revenir sur Bordeaux et faire un atelier de dessin. Il avait d'ailleurs trouvé la maison "idéale" peu avant son décès.

Robert Frélaut, imprimeur en taille-douce à l'Atelier Lacourière-Frelaut
Jean-Claude était un homme très gentil et très novateur; il avait toujours des tas d'idées.

Anne Breivik, co-fondatrice de l'Atelier nord

Jean Claude Reynal fut l’un de mes meilleurs amis dès notre rencontre a l’atelier 17 à Paris à l’automne 1960, jusqu’à son mort. Nous avons été élèves de Stanley William Hayter, et nous avons tous les deux travaillé a l’Atelier 17 pendant les années 60/65.
En 1965, Reidar Rudjord et moi avons fondé l'Atelier Nord à Oslo. Le but avec l’atelier était de créer une atmosphère propice au travail artistique, en s’aidant mutuellement et en échangeant des informations professionnelles. Jean-Claude fut l’ un des premieres artistes venu y travailler. La Ministère des Affaires Etrangères lui avait donné une bourse pour y rester 3 mois. 
Les caractéristiques de l'oeuvre de Jean-Claude sont assez remarquables. Il travaillait ses plaques en relief de telle sorte que l'image apparaisse habituellement dans le blanc même du papier avec juste une rare nuance de couleur en plus. Ses formats étaient assez grands avec beaucoup d’effet. Je le considère comme un artiste important, qui avait son monde d’images indépendant.
J’ai beaucoup de bons souvenirs de l’ été 1965 quand Jean-Claude travaillait à l’Atelier Nord. En 1968 nous nous sommes à nouveau rencontrés comme résidents de la Cité des Artistes a Paris. Durant cette période, Jean Claude, Kenji Yoshida et moi faisions une exposition à la Galerie du Fleuve à Bordeaux. Jean Claude avait déjà pris part à de nombreuses expositions de l’Atelier nord, dans le monde.
Quand je suis arrivée à Paris en 1960, c’est Jean-Claude qui avait la patience de rectifier mes erreurs en langue française ; cela m’a beaucoup aidée et je lui en ai été reconnaissante. Il nous a beaucoup manqué à mon mari et à moi lorsqu’il n’a plus été parmi nous.                                                                            
 
Etel Adnan, philosophe et artiste, amie
Jean-Claude Reynal a été un de mes meilleurs amis. Je l’ai connu à San Francisco où il a été travailler au « S.F. Art Institute », avec le peintre Richard Diebenkorn. Ca devait être en 1963, et j’étais alors professeur de philosophie de l’art dans un « collège » de la région.
Je le voyais régulièrement à mes passages fréquents à Paris, et l’ai souvent visité quand il s’était installé à Montmartre. La qualité exceptionnelle de son travail me surprenait toujours. Sa gentillesse et sa modestie me touchent encore. Jean-Claude est un très grand artiste mais dans un monde où il faut être agressif pour s’imposer, il se sentait parfois isolé. Comme d’ailleurs le montrent ses gravures, il était d’une rigueur impeccable. La gravure, comme vous le savez, n’est pas un art spectaculaire mais plutôt intime et secret.
Jean-Claude était très réservé, parlait peu, était toujours un peu mélancolique. Au début, il a eu de gros problèmes financiers et être pauvre dans une grande ville, c’est difficile. Son père n’était pas content qu’il soit artiste. C’était un être exceptionnel, exigent avec lui mais ultra sensible; ce n’était pas un garçon vraiment heureux, il était inquiet.
                                                                                              

Philippe Grümmer, client:
Nous avons connu Jean-Claude Reynal par son travail que nous avions beaucoup aimé et j'avais d’ailleurs fait acheter à mes amis certaines gravures dont les Plages. Il était à cette époque professeur de gravure aux Arts Décoratifs ; c’était en 1977.
Il était venu à la maison avec sa compagne pour une fête blanc et argent que nous avions donnée à Boulogne. Il était très sympa et avait beaucoup de talent.

 

Georges Léon, en apprentissage à Sud-Ouest dans l’atelier de Georges Reynal.

Jean-Claude, son père l’avait fait entrer à Sud-Ouest pour lui assurer un avenir mais il avait un talent d’artiste, il était délicat, un peu effacé et on voyait bien qu’il se sentait pas à l’aise dans ce milieu ouvrier, il n’était pas sa place dans un atelier de production. 


Hector Saunier, graveur, successeur d'Hayter
J'ai commencé chez Hayter à peu près en même temps que Jean-Claude dont je garde de très bons souvenirs. Il ne faisait pas de la gravure mais plutôt un style en relief, minimal, un style de gravure d'avant-garde. Par la suite, il écrivait des articles pour un journal, il était venu m'interviewer à l'atelier.

Pierre Belvès, ami et collègue du Musée des Arts décoratifs
Pierre Belvès, directeur pédagogique, mit en place en 1953 au Musée des Arts décoratifs,  l'Atelier du Carrousel destiné aux moins de 13 ans. Jean-Claude Reynal y développa l’atelier de gravure à partir de 1965.


Le 12 oct 1983
Cher Jean Claude

La gravure est très belle et il me tardait d’arriver à la maison pour la découvrir mais je savais bien que je l’aimerais! Crois en mon estime, à ma confiance en "ton" art et à ma très fidèle amitié.

Pierre Belvès

 

 




Dominique (Gasnier) Lund, élève adulte au Musée des Arts décoratifs -1987
Cher Jean-Claude
Ce premier stage de peinture a été pour moi un cadeau qui m'a permis d'oser enfin mettre de la couleur sur la toile et d'avoir le courage de poursuivre le projet.
Sans cette stimulation, cette présence amicale et professionnelle autour de moi, je n'aurais pu franchir cet obstacle. J'ai maintenant le désir et la possibilité de continuer à travailler par moi-même mais je comprends aussi combien sont précieux les conseils de ceux qui vous aident à franchir le seuil de cet étonnant univers de la peinture où l'on va de travail en surprise et d'étonnement en émerveillement. Et je sais maintenant que l'on n'oublie jamais ceux qui vous ont pris par la main pour faire ces premiers pas.


Roy Arenella, photographe
 

Jean-Claude very kindly offered to help me when I was having an exhibit of photographs at the American Cultural Center in Paris in the Fall of 1976. In my behalf he negotiated with the Director of the Center, he spoke with Jean-Claude Lemagny at the Bibliothèque Nationale. He also oversaw the hanging of my pictures for the exhibition.

Since that time – 33 years ago – I have come more and more to realize how important all of this was to me and how grateful I am for his help.

Par Beatrice Vergnaud
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