Descriptif d'un âge nouveau
gravure primée à la Biennale de Ljubljana en
1969
Métal gravé à l'outil de sculpteur, tiré sur papier: des reliefs cernés
avec précision, effet de la taille directe, sont discrètement soulignés de quelques touches de couleur.
Il est difficile de parler des gravures de Jean-Claude Reynal pour la simple raison que son monde est celui du silence,
que l’homme en est exclu et que cet univers monochrome – ou peu s’en faut – est celui de l’espace géométriquement rêvé et découpé.
Ce monde est aussi celui de l’immobilité, d’un absolu qu chaque année accuse davantage. Il est en effet intéressant de suivre l’évolution de cette œuvre qui se veut minérale et y parvient et y parvient au point de n’être plus que cela. Jean-Claude Reynal atteint
son but grâce à une technique parfaitement réglée où la machine, que ce soit la fraiseuse qui découpe ou le pulvérisateur qui répand d’immatérielles nuances, est utilisée au
maximum. On voit avec curiosité la palque métallique, matrice
du négatif de l’une des gravures exposées – ces gravures où l’empreinte, excluant toute aide ou secours de la main, remplace le trait. Ce refus de la présence directe de l’homme est la règle d’or conditionnant
la création telle que la conçoit Jean-Claude Reynal, dont l’art tend vers une simplification poussée au maximum.
Cette volonté réfléchie et inflexible d’éliminer toujours davantage amène Jean-Claude Ryenal bien au-delà de l’abstrait, à un
dépouillement, à une désincarnation plus propre à illustrer une théorie qu’à susciter une délectation.
C’est dire que l’art de Jean-Claude Reynal n’est pas de ceux dont la signification apparaît au premier abord. Il exige une mise en condition à
partir de laquelle le visiteur se trouvera en mesure d’apprécier. Après quoi il acceptera ou rejettera en connaissance de
cause
Attention
1971: J.C. REYNAL à La Hune
Estampes silencieuses à mi-chemin entre la gravure et la sculpture. Reliefs blancs (avec quelques zones teintées), spiralées. Empreintes fossilisées de quelque étrange objet, topographie d’un monde inconnu, itinéraire spacial ? Toutes les hypothèses les plus merveilleuses, les plus fantastiques sont permises. Le papier est devenu materiau vivant, le papier s’est mué en pierre. Dans la préface, François Mathey, directeur du musée des Arts Décoratifs, écrit : "L’œuvre garde dans son relief le grain de l’épiderme, le velouté tactile d’une paume, avec ses sillons et ses plaines tranquilles, sa chaleur intime comme celle d’une médaille ou d’un sceau… "
Pacific time 1
L'Echo de la bourse de
Bruxelles
le 19 mai 1972:
Par les empreintes en relief sur papier, Jean-Claude Reynal cree des sortes d’épures : droites,
obliques, demi-cercles. Toute une source de belles abstractions.
Travail très valable par la qualité et la sobriété des impressions, par la richesse d’un papier blanc épais d’agréable texture. Nous pensons que les sujets figurés conviendraient très bien à créer des motifs pour orner les reliures en
cuir.
En 1972, Reynal présentait Aube à La Hune aux côtés d'autres graveurs de L'Ecole de Paris:
Delaunay Sophie : Contrastes
Bryen Camille : Phosphanes imaginés et Jubilé de
Mars
Courtin Pierre
Delay Alexandre : Vernissage à la Hune et
Correspondance
Dorny Bertrand : Ca sûrement
Friedlaender Johnny: Couple d’oiseaux et Demi-lune
rouge
Coudrain Brigitte : Au jardinet et Tapis
volant
Goetz
Hayter Stanley William : L’œil et
Eros
Man Ray: Dancer
Piza Arthur: Espace du dedans , Virecourt et Cosmos
jaune
Virgil : Le flûtiste amoureux et L'Arc-en-ciel
Aube