Jean-Claude Reynal, graveur


Dimanche 16 mars 2008

                                      descriptif-d-un--ge-nouveau_1968.jpg                                                                 Descriptif d'un âge nouveau

                                          gravure primée à la Biennale de Ljubljana en 1969           
Métal gravé à l'outil de sculpteur, tiré sur papier: des reliefs cernés avec précision, effet de la taille directe, sont discrètement soulignés de quelques touches de couleur.
                                      


 

Il est difficile de parler des gravures de Jean-Claude Reynal pour la simple raison que son monde est celui du silence, que l’homme en est exclu et que cet univers monochrome – ou peu s’en faut – est celui de l’espace géométriquement rêvé et découpé.
Ce monde est aussi celui de l’immobilité, d’un absolu qu chaque année accuse davantage.
Il est en effet intéressant de suivre l’évolution de cette œuvre qui se veut minérale et y parvient et y parvient au point de n’être plus que cela. Jean-Claude Reynal atteint son but grâce à une technique parfaitement réglée où la machine, que ce soit la fraiseuse qui découpe ou le pulvérisateur qui répand d’immatérielles nuances, est utilisée au maximum. On voit avec curiosité la palque métallique, matrice du négatif de l’une des gravures exposées – ces gravures où l’empreinte, excluant toute aide ou secours de la main, remplace le trait. Ce refus de la présence directe de l’homme est la règle d’or conditionnant la création telle que la conçoit Jean-Claude Reynal, dont l’art tend vers une simplification poussée au maximum.
Cette volonté réfléchie et inflexible d’éliminer toujours davantage amène Jean-Claude Ryenal bien au-delà de l’abstrait, à un dépouillement, à une désincarnation plus propre à illustrer une théorie qu’à susciter une délectation.
C’est dire que l’art de Jean-Claude Reynal n’est pas de ceux dont la signification apparaît au premier abord. Il exige une mise en condition à partir de laquelle le visiteur se trouvera en mesure d’apprécier. Après quoi il acceptera ou rejettera en connaissance de cause


                     Attention

                                            3H48 

 

 









 

1971: J.C. REYNAL à La Hune

Estampes silencieuses à mi-chemin entre la gravure et la sculpture. Reliefs blancs (avec quelques zones teintées), spiralées. Empreintes fossilisées de quelque étrange objet, topographie d’un monde inconnu, itinéraire spacial ? Toutes les hypothèses les plus merveilleuses, les plus fantastiques sont permises. Le papier est devenu materiau vivant, le papier s’est mué en pierre. Dans la préface, François Mathey, directeur du musée des Arts Décoratifs, écrit : "L’œuvre garde dans son relief le grain de l’épiderme, le velouté tactile d’une paume, avec ses sillons et ses plaines tranquilles, sa chaleur intime comme celle d’une médaille ou d’un sceau… "

 
Certes - écrit Henry Galy Carles, dans Les Lettres Françaises du 7 juillet 1971 - les "Empreintes" de JEAN-CLAUDE REYNAL, exposées à La Hune, restent sans doute d’une technique marginale par rapport à celle, classique, de la gravure ; mais son graphisme, en relief blanc, sur papier blanc, crée des formes géométriques très pures, sensibles, que souligent les teintes employées : bleues et jaunes, vermillons, grises, ou bleues et jaunes, jaunes et grises, grises et bleues, qui ça et là, font affleurer leurs lumières et leurs ombres, et qui, d’un extrême raffinement, donnent à ces séries de Pacific et d’Evolution, un charme d’une délicatesse subtile, sobre, dépuillée et poétique.


                                                                                                                                                         

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                                                             Pacific time 1 

En 1972, lors de son exposition à Bruxelles, la critique s'exprimait ainsi: les "Empreintes" de Jean-Claude Reynal, des gravures avec reliefs qui touchent à l’harmonie du métier et de la méditation. C’est d’une grande pureté de facture : Beau fixe, Espace, Evolution, expriment un désir d’altitude, de lumière et de silence.


L'Echo de la bourse de Bruxelles
le 19 mai 1972:

Par les empreintes en relief sur papier, Jean-Claude Reynal cree des sortes d’épures : droites, obliques, demi-cercles. Toute une source de belles abstractions.
Travail très valable par la qualité et la sobriété des impressions, par la richesse d’un papier blanc épais d’agréable texture.
Nous pensons que les sujets figurés conviendraient très bien à créer des motifs pour orner les reliures en cuir.


                                                                 Evolution 1


En 1972, Reynal présentait Aube à La Hune aux côtés d'autres graveurs de L'Ecole de Paris:

Delaunay Sophie : Contrastes
Bryen Camille : Phosphanes imaginés et Jubilé de Mars                     
Courtin Pierre
Delay Alexandre : Vernissage à la Hune et Correspondance               
Dorny Bertrand : Ca sûrement
Friedlaender Johnny: Couple d’oiseaux et Demi-lune rouge                            
Coudrain Brigitte : Au jardinet et Tapis volant                     
Goetz
Hayter Stanley William : L’œil et Eros                        
Man Ray: Dancer
Piza Arthur: Espace du dedans , Virecourt et Cosmos jaune          
Virgil : Le flûtiste amoureux et L'Arc-en-ciel    

         

                                                                       Aube


par Beatrice Vergnaud
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